dimanche 9 novembre 2008

Objectivités - La Photographie à Dusseldorf


L'exposition du Musée d'Art Moderne sur l'école de Dusseldorf réunis pour la première fois (en France) le travail des professeurs et celui des élèves de la célèbre Académie des Beaux-Arts. L'affiche est donc alléchante : Bernd et Hilla Becher, Hans-Peter Feldmann, Andreas Gurski, Sigmar Polke, Candida Höfer, Axel Hütte, Beat Streuli ou encore Thomas Struth, toute une génération d'artistes qui joueront un rôle essentiel dans l'affirmation de la photographie platicienne.

Bernd et Hilla Becher

Bernd et Hilla Becher photographient le paysage industriel allemand voué à disparaitre dans un soucis d'inventaire. Le protocole est minutieux : lumière neutre, cadrage frontal et serré, absence de personnages... On pense à l'objectivité de Walker Evans. Les tirages sont regroupés par série de 6 ou 9, constituant ainsi des typologies de lieux, ou des catalogues de bâtiments (moulin, châteaux d'eau, tuyaux, cheminées...).

A la suite de Hilla et Bernd Becher, leurs élèves se sont essayés à toutes les déclinaisons du document et sont passés progressivement du noir et blanc à la couleur dans des formats de plus en plus grands.

Tous n'est pas intéressant : je n'accroche décidément pas sur le travail de Thomas Ruff (certes ces portraits sont historiquement important pour la photographie, mais qu'est ce que c'est que ces horreurs sur le pixel ?), je ne comprend pas Gerhard Richter et ses planches de photos de famille ou de paysages, qui ne sont d'ailleurs pas forcément les siennes mais qu'il s'approprie. J'aime l'idée de Hans-peter Feldmann sur les vues de chambres d'hôtel.. car ça aurait pu être la mienne... (cela ne voulant pas dire que c'est une bonne idée, mais cela à quelque chose de rassurant pour une photographe en gestation). Mais il semblerait que mon œil soit encore et toujours attiré par le vide, l'absence d'humain et les points de vue frontaux, car je retiens :
  • Andreas Gursky
  • Candida Höfer
  • Axel Hütte
  • Thomas Struth
Andreas Gurski
Kamiokande

Candida Höfer

Thomas Struth
Water Street, New York/Wall Street
, 1978

Malgré une approche commune de la série, tous ces photographes ne semblent pas partager beaucoup de choses. Et ce n'est pas la maigreur des explications données par le musée, masqué espar un charabia de critique d'art, qui nous éclaire... Il me faudra beaucoup de lectures et de recherches pour répondre aux interrogations que soulève cette exposition dans ma tête ou même pour en formuler certaines. Vous verrez peut-être un jour ici même le résultat de ces recherches (si ce n'est de ma réflexion, en attendant vous pouvez lire le très bon article du blog du monde : ici.


C'est où ?
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris 5-7 av du Président Wilson
Paris 16
Métro Alma Marceau

C'est quand ?
jusqu'au 4 janvier 2009 Tous les jours de 11 heures à 18 heures, sauf les lundis et jours fériés.
Nocturne le jeudi jusqu'à 22h00.

Plus d'info sur le Site du Musée

vendredi 8 août 2008

Annie Leibovitz à la Mep

Annie Leibovitz est reconnue par l'ensemble du monde comme une grande photographe et une grande portraitiste... Pourtant son regard me dérange.
Le concept de l'exposition reprend celui du livre (A photographer's life), et consite à mêler des images de sa vie et de son travail. Ce qui semblait cohérent et intimiste dans le livre devient fouilli et presque malsain sous forme d'exposition, malgré le choix de grand tirages pour son travail et de petit pour sa vie. On est mal à l'aise devant sa vie privée, on n'a pas envie de la regarder.

Pour son travail, le choix des images est étrange... il n'y a aucun de ses portraits de groupe pour Vanity Fair qui sont pourtant une part majeur de son travail. Le choix des images montrées n'est pas forcément ce que j'aurai retenu. Quelques belles images néanmoins perdues dans le flots des autres...

Manque dans ma sélection un très beau portrait de Richard Avedon,
que je n'ai pas trouvé.

Le flot des autres, vulgaires, commerciales ou kitsch... des images qui représentent tout ce que je n'aime pas en photographie.

Une déception donc, j'avais aimé le livre...

C'est où ?
Maison Européenne de la Photographie
5-7 rue de Fourcy, Paris 4
C'est quand ?
jusqu'au 14 septembre 2008
Tous les jours de 11 heures à 20 heures,
sauf les lundis, mardis et jours fériés.
Tarifs :
Plein tarif : 6€
Tarif réduit : 3€
plus d'info sur le site : ici

mardi 5 août 2008

Förster

Cette semaine j'ai fait une découverte, miraculeux, non ? Dans les inrocks, surprenant non ? Dans le spécial sexe, étonnant non ?
Il s'appelle Gerald Förster et il a un portfolio de 3 images dans le dernier numéro des inrocks... Ces images sont tirées du projet Nocturnal et sont tout bonnement Halucinantes.
Förster photographie des paysages urbains d'apparence vides, mais dans lequel il met en scène des couples. On pense à Lynch, à Gregory Crewdson, on pense à Hockney. On se dit que peut être c'est ça qu'ils auraient filmé, photographié ou peint si ils avaient voulu faire du porno... ou du moins de la photographie de sexe.

Car si les images de Förster répondent à la définition « représentation complaisante de sujets, ou de détails obscènes dans une œuvre artistique, littéraire ou cinématographique », elles n'appartiennent pas à ce que l'on caractérise de pornographique au quotidien, au même titre que Playboy, le film du samedi soir sur Canal + ou le X en général. Gerald Förster n'est donc pas un pornographe mais un artiste. Un artiste voyeur peut être ou qui du moins incite au voyeurisme, nous fait entrer dans un monde de trangression et nous confronte à nos taboos.


Förster est aussi un portraitiste et vidéaste. Son travail est à découvrir sur son site.

mercredi 23 juillet 2008

Avedon


Il y a des photographes qui sont tellement connus, qu'on croit les connaitre... et pourtant il n'en est rien, car à chaque fois que l'on revoit leurs images, c'est comme si on les voyait pour la première fois. Richard Avedon est de ceux là.

Première grande exposition en France du photographe, cette rétrospective présente près de 270 tirages et révèle à ceux qui l'ignorerait le génie de Richard Avedon. L'exposition se compose de quatre parties : la mode, le portrait, son projet "In the American West" et son travail récent.

Avedon a révolutionné la photographie de mode. Il a libéré les modèles de leur rôle de cintres, de leur décor Art Déco et de leur lumière hollywoodienne pour mettre la mode au cœur de la vie, dans la rue d'abord, mais aussi en studio avec le mouvement, la mise en tension, l'humour mais surtout l'utilisation de la lumière du jour. Aujourd'hui un peu "démodée", ces images resteront dans l'histoire de la photographie pour leur innovation : l'image de Suzy Parker faisant du patin à roulettes Place de la Concorde, et qui nous parait désuète aujourd'hui a pourtant fait scandale à l'époque.

C'est avec le portrait qu'Avedon surprend vraiment. En voulant éviter les genres, Avedon a créer le sien : le noir&blanc, un fond blanc, un modèle face caméra. Cette apparente simplicité isole le modèle et le laisse seul face au photographe et permet au spectateur de se concentrer sur le sujet de l'image : la personne photographiée, sans être distrait par un arrière plan. Parmi ces portraits, combien sont extraordinaire !! La fragilité de Marilyn, l'émotion du Duc et de la Duchesse de Windsor, la perplexité de Carson McCullers, la folie de Robert Franck, ou l'attendrissement mêlé de fierté de Alexey Brodovich dont il était l'élève...


In the American West est peut être le plus important de sa carrière. Il dépeint l'Amérique profonde comme cela n'avait jamais été fait auparavant.

La dernière partie regroupe son travail récent, les dix dernières années. Période où ces portraits ne me parle pas : Bjork, Galliano... trop commercial sans doute.

C'est une exposition comme il n'y en a pas eu à Paris depuis longtemps. Une vrai leçon de photographie !

C'est où ?
Galerie du Jeu de Paume, site Concorde

C'est quand ?
jusqu'au 27 septembre 2008
Tous les jours sauf les lundis.

tarifs
Plein tarif : 6€
Tarif réduit : 3€

plus d'info sur le site : ici

jeudi 3 juillet 2008

Tim Walker à Londres !!

Tim Walker est de loin l'un de mes photographes préférés. Alors une expo de lui à Londres ça ne se rate pas. Compte rendu en images :



Au Design Museum, à Londres jusqu'au 28 septembre 2008

Pour en savoir plus :
Design Museum
le site de son agent

jeudi 26 juin 2008

Ce que vous avez vu... ou ce que vous avez manqué :

Si il n'y en avait qu'un à regretter de ne pas avoir vu, ça serait lui : Georges Rousse

J'espère que vous avez vu Georges Rousse à la Mep ! Son travail est tout simplement hallucinant !! La Mep le décrit comme « Architecte d’un espace intérieur, cet archéologue de l’invisible glisse des mots dans l’espace, élabore des figures monochromes, utilise l’architecture du site comme support d’un tableau […] A travers l’objectif, il s’attache non pas à figer le réel, mais à créer un mirage, une illusion, perceptible d’un seul endroit. »
Répartie sur quatre étages l'exposition, complète et organisée nous fait découvrir ou redécouvrir le travail de George Rousse et nous rend toute son ampleur.




Pour en savoir plus : www.georgesrousse.com
www.rousseprojectdurham.com
www.photographie.com
ou encore dans les archives de la Mep.


Alec Soth travaille la photographie dans la tradition de Walker Evans ou de Robert Frank. Il décrit la complexité de la société américaine en en décrivant le quotidien. L'exposition regroupe ses deux séries les plus connues, Sleeping by the Mississippi (2004) et Niagara (2006 ), ainsi que des photographies extraites de son travail pour Fashion Magazine, de son travail en cours de réalisation, Portraits et de la série Dog Days, Bogotá, une série réalisée pour sa fille adoptive sur la ville dont elle est originaire.


Le titre de l'exposition : l'espace entre nous vient de son impression qu'un portrait n'est pas une image de la personne mais de l'espace qui la sépare de l'appareil. A méditer...

Pour en savoir plus : www.alecsoth.com
alecsoth.com/blog
ou les archives du Jeu de Paume


Pour la culutre aussi, il fallait voir la rétrospective de Valérie Mrejen, vidéaste caustique...



Et enfin

Peut être parce qu'elle était là quand je suis venue, peut être parce qu'elle jouait de la guitare pour des enfants, peut être parce que je ne résiste pas aux charmes du Polaroïd, peut être parce que cela rappelait Mapplethorpe....

Peut être pas la peinture, peut être pas les installations sonores qui se mélangent...




Plus d'information dans les archives de la Fondation Cartier

mercredi 25 juin 2008

vous ne l'attendiez plus...

Plus vraiment in compte rendu... plus un mémo...